Humeur

Par Catherine Bouvard

Lundi 8h30, Flo. rentre d'une semaine de vacances. Elle est détendue, lorsque le directeur des ressources humaines de son entreprise la convoque illico dans son bureau. A 10h30, elle a passé la porte dans le sens inverse. Depuis, chaque matin, elle prend le temps de boire le café, de se promener et de se poser des questions sur le sens de l'investissement dans le boulot. Flo. est une jeune femme célibataire, 30 ans, elle travaillait, employée depuis 7 ans dans une entreprise de financement automobile. Pas une petite boîte, non, une entreprise solide aux ramifications internationales. Depuis six mois, on lui donnait de plus en plus de responsabilités, il lui semblait qu'elle s'en sortait pas trop mal même si certaines nuits elle ne dormait pas très bien. Lundi, elle a été virée, pour quelques dossiers en retard et des photocopies oubliées. Rien de dommageable à l'entreprise, pas un sou de perdu, pas un client de touché. Mais la conjoncture est mauvaise, les nouveaux actionnaires du groupe ont demandé à la direction régionale de réduire le personnel de 120 salariés à 70 pour la fin de l'année. Flo. était une des employées les mieux payées, alors au vu de ses quelques erreurs, on a géré les ressources humaines, pas de conciliation, une mise à pied, suivie d'un licenciement. Et elle qui aime ce qu'elle fait, à qui l'on a dit maintes fois qu'elle était compétente, a négocié. Elle a préféré donner sa démission pour avoir une chance de trouver à nouveau un emploi dans son secteur, sans traîner de boulet. Elle disait hier que c'était peut-être maladroit, que ce matin là, elle ne savait pas quels étaient ses droits. Son directeur des ressources humaines, lui, sûrement les connaissait. Il n'ignorait rien de l'art de la rupture, il était rompu aux nouvelles méthodes, à la flexibilité. Flo. apprend depuis quelques jours que cela rime pour elle avec chômage et précarité.